La recherche-création à l'Université
    La recherche-création à l’Université

    Chantal Provost, de l’Université du Québec à Montréal, sur la recherche-création à l’Université. Session 3. Moving the Academic

     

     

    Dans les années 1960, au Québec, la prise en charge de l’éducation par l’État s’incarne dans la création d’un réseau d’universités publiques. L’insertion des arts à l’Université se fait, notamment, avec l’intégration de l’École des Beaux-arts à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) en 1969. Ce mouvement, souhaitant lier esprit critique et esprit créateur, et alimenter l’art par une pratique intellectuelle, a posé de nombreuses questions quant à la définition de l’artiste, du chercheur, du professeur…, ainsi qu’à propos de la fonction sociale de l’art. Il a mené à une professionnalisation des artistes et a vu naître, en parallèle, une résistance à l’académisation des arts.

     

    À partir des années 1970, au sein de l’institution, la recherche en art est de plus en plus mentionnée. L’université veut contribuer à l’avancement des arts, et des expositions se tiennent en son sein. L’antagonisme entre la recherche scientifique et la production artistique demeure vif cependant, notamment concernant les out put. La volonté de développer la recherche-création voit le jour, mais aucun consensus n’existe sur ce qu’est la recherche-création. Quel en est le sens? Pourquoi pas recherche et création? Pourquoi pas recherche sur la création? La nécessité de décloisonner les disciplines accompagne et résulte de ces questionnements.

     

    En ce qui concerne le financement de la recherche-création au Québec, il repose sur deux modèles : celui du Conseil des Arts et celui de l’Université. La recherche-création caractérise le passage d’une culture de la science à une culture de la recherche, celle-ci collaborative. Plutôt que l’individu, c’est le projet qui prime. Une culture de l’évaluation se développe, ainsi qu’un « marché du classement », lequel est lié aux mécanismes de diffusion et d’évaluation basés sur le nombre de publications, par exemple, alors que les out put de la recherche-création ne sont pas discursifs (expositions, conférences, performances…).

     

    Dans le domaine de l’évaluation, le problème de savoir qui sont les pairs se pose. Les « nouveaux » médias sont également à prendre en compte dans ce type de recherche. Ce champ émergent crée ses propres méthodologies : comment sont-elles reconnues par l’institution? La théorisation de ce champ progresse peu à peu et crée une plateforme de plus en plus solide au sein de l’institution universitaire.

     

    Une des pistes actuelles pointe vers la consolidation de la littérature existante sur la recherche-création. Une autre piste serait de mener des études de terrain auprès des chercheurs-créateurs, de partir de leur expérience pour faire muter les modalités de ce nouveau type de recherche. Louis-Paquin, modérateur du panel, s’interrogera ainsi : comment départager le type d’apports respectifs venant de la recherche et de la création?

     

    Camille Courier

    Doctorat en études et pratiques des arts

    Université du Québec à Montréal

     

    Featured image: Certains droits réservés par Hexagram_